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Maurice Grevisse
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Maurice Grevisse, né le 7 octobre 1895 à Rulles et mort le 4 juillet 1980 à La Louvière, est un grammairien belge francophone. Il est notamment connu pour son ouvrage de grammaire Le Bon Usage.

Le nom « Grevisse » ne prend pas d'accent, mais il est couramment prononcé [ɡʁe.vis]cite-ref-1[1].

Contents

Prix

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Biographie

Maurice Émile Grevisse est né le 7 octobre 1895 à Rulles. Il est le fils de Désiré Grevisse, maréchal-ferrant, et de son épouse, Marie Eugénie Michel, couturière. Cadet d'une famille de cinq enfants, il vient au monde alors que ses parents ont respectivement 38 et 32 anscite-ref-2[2]cite-ref-0-3-0[3].

Formation

Maurice Grevisse, dont la langue maternelle est le gaumais, une variante du dialecte lorrain, apprend le français à l'école primaire. Son instituteur, Jules Forêtcite-ref-4[4], lui enseigne le calcul, la formation morale et religieuse et la langue française. Élève appliqué, Maurice Grevisse prend bientôt le goût de la bonne orthographe et des exercices de dictée que l'instituteur fait faire aux enfantscite-ref-0-3-1[3].

À la fin de sa scolarité obligatoire en 1908, Maurice Grevisse est pressenti par tradition familiale pour reprendre la forge paternelle, mais il affirme sa volonté de devenir instituteur. Ses parents cèdent à ses supplications et l'inscrivent chez les Frères maristes à Arloncite-ref-5[5].

En 1910, il entre à l'école normale de Carlsbourg, où il reçoit son diplôme d'instituteur en 1915. Il s'inscrit ensuite à l'école normale de Malonne et devient régent littéraire. Il occupe ensuite un poste de professeur de français à l'École des Pupilles de l'armée de Marneffe. Durant cette période, il apprend seul le latin et le grec ancien. Tout en poursuivant sa carrière, il suit des cours de philologie classique à l'université de Liège. En 1925, il reçoit le titre de « docteur en philologie classique ».

Le Bon Usage

Maurice Grevisse devient, en 1927, professeur à l'École royale des cadets à Namur. Instituteur, puis professeur, il se rend compte que les grammaires existantes ne répondent pas au besoin de son enseignement. Il reprend ses annotations en un nouveau concept qu'il intitule Le Bon Usage.

De nombreux éditeurs de renom refusent son manuscrit. Maurice Grevisse se tourne vers Fernand Desonay, professeur à l'Université de Liège. Enthousiasmé par la qualité du texte, celui-ci va lui-même chercher un éditeur. Après de nombreux refus, il obtient en 1936 l'accord de la maison Duculot, un modeste éditeur de Gembloux qui publie la première version de sa grammaire sous le titre Le Bon Usage. Longue de 704 pages, celle-ci est tirée à 3 000 exemplaires.

L'ouvrage est réédité en 1939, puis en 1946. Le succès ne s'est jamais démenti, même pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 8 février 1947, en première page du Figaro littéraire, André Gide cita Le Bon Usage comme la meilleure grammaire de langue française. Cet article contribua grandement au succès de l'ouvrage à l'étrangercite-ref-6[6].

Mort et hommages

Maurice Grevisse meurt le 4 juillet 1980 à La Louvière après avoir confié les rênes du Bon Usage à son gendre, André Goosse. Il est inhumé au Cimetière de Verrewinkel à Uccle.

Hervé Bazin louera chez Maurice Grevisse sa « conception nouvelle du rôle de grammairien, préférant le fait à la règle ; une constante remise à jour ; une érudition jamais rêche, jamais sèche, une somme d’exemples, de citations anciennes ou modernes répondant à d’immenses lectures ; et surtout la modernité de l’analyse, jointe au sens de la mesurecite-ref-7[7] ». Le lexicographe Paul Robert émettra un autre avis superlatif en 1980 : Le Bon Usage est « la meilleure grammaire de la langue françaisecite-ref-8[8] ».

Distinctions

Honneurs

De 1967 à sa mort en 1980, il a siégé au Conseil international de la langue française.

L'Institut Jules Destrée, à la suite d'un vote émis par des personnalités politiques et académiques, l'a classé parmi les « Cent Wallons » du siècle.

Prix

Prix de la langue-française de l'Académie française en 1938, deux ans après la publication du Bon Usage.
• Médaille d’or de l’Académie française en 1946.

Décorations
Publications

Le Bon Usage : la première édition date de 1936. Onze éditions ont été publiées du vivant de Grevisse et sous sa signature. La 11e édition date de 1980. Après la mort de Grevisse, son gendre André Goosse a pris la relève et dirigé la publication des éditions suivantes : 12e en 1991, 13e en 1993 (ISBN 978-2-80111-045-4), 14e (édition largement refondue) en 2007 (ISBN 978-2-8011-1404-9), 15e en 2011 (ISBN 978-2-8011-6425-9) et 16e en 2016 (ISBN 978-2-8073-0069-9).
Le petit Bon usage de la langue française, publié en 2018 et dirigé par Cédrick Fairon et Anne-Catherine Simon (ISBN 978-2-8073-1696-6).

Outre le Bon Usage, Maurice Grevisse a publié plusieurs ouvrages scolaires ou utilitaires traitant de difficultés :

Précis de grammaire française (1939) (aussi connu sous le titre Le petit Grevisse)
Exercices sur la grammaire française (1942)
Cours de dictées (1944)
Le Français correct (1973)
Savoir accorder le participe passé (1975)
Quelle préposition ? (1977)
La force de l'orthographe (1982)
Nouvelle grammaire française (1982)

On mentionnera spécialement les Problèmes de langage (1961-1970) où il réunit les chroniques littéraires publiées dans le journal La Libre Belgique. Avec une plume alerte et ce grand souci d'exactitude concernant les faits de langue qu'on lui (re)connaît, Maurice Grevisse, libéré de l'expression guindée qui s'impose à tout rédacteur de grammaire de référence, ne manque pas, à l'occasion, de renvoyer les puristes à leurs chères études en conjuguant avec élégance humour, finesse et sérieux. De même, en 1961, s'affirmait-il déjà comme un partisan résolu de la féminisation des noms de métierscite-ref-10[10], quelque 40 ans avant que l'Académie française ne la combattît ardemment. Maurice Grévisse relève dans son Bon usage que l'accord en genre au plus proche est utilisé par André Gide, Marcel Camus, Benoite Groult et Louky Bersianik et que cet accord ne peut donc pas être considéré comme incorrectcite-ref-11[11].

Références

cite-note-11. Maurice Grevisse lui-même évoque un accent « moitié ouvert, moitié fermé ». Voir 1980« Maurice Grevisse », sur INA, 22 août 1980 (consulté le 15 juin 2019).
cite-note-22. « Acte de naissance de Maurice Grevisse »
cite-note-0-33. lieber1990maria-lieber1990Maria Lieber, « Maurice Grevisse, grammairien et chroniqueur de langage », L'information grammaticale,‎ 1990, p. 35-40 (lire en ligne)
cite-note-44. « Maurice Grevisse - Photographies », sur oraprdnt.uqtr.uquebec.ca (consulté le 3 juin 2021).
cite-note-55. bodeuxgaillet1995jean-luc-bodeuxpatrice-gaillet1995Jean-Luc Bodeux et Patrice Gaillet, « Rulles va fêter son grand Grevisse », Le Soir,‎ 26 octobre 1995 (lire en ligne)
cite-note-66. duneton2007claude-duneton2007Claude Duneton, « Le plaisir des mots », Le Figaro,‎ 18 octobre 2007 (lire en ligne)
cite-note-77. levy2016l-on-marc-levy2016Léon-Marc Levy, « Le Bon Usage, Grevisse langue française, 16e édition, Maurice Grevisse, André Goosse », La Cause littéraire,‎ 24 novembre 2016 (lire en ligne)
cite-note-88. Paul Robert, « Préface de la 11e édition », Le Bon Usage (Paris-Gembloux : Duculot, 1980), vii.
cite-note-99. 2016« Les 80 ans du Bon usage, de Maurice Grevisse », Le Soir,‎ 5 avril 2016 (lire en ligne)
cite-note-1010. 2013« Maurice Grévisse » [archive], sur le site langue-fr, 9 novembre 2013 (consulté le 25 février 2023) : « Les femmes ont conquis, dans le domaine de la politique, de l’administration, de l’industrie, du commerce, du sport, ailleurs encore, des positions, des situations qu’il faut bien, logiquement, désigner en féminisant les noms masculins qui y correspondent (Problèmes de langage, 1961). »
cite-note-1111. conf-rence-romande-des-bureaux-de-l-galit-2005Conférence romande des bureaux de l'égalité, « Écrire les genres - Guide romand d'aide à la rédaction administrative et législative épicène : Maurice Grevisse. Le Bon Usage ( §371) », 2005 (consulté le 25 février 2023) : « Des auteurs modernes comme André Gide, Marcel Camus, des autrices contemporaines comme Benoite Groult ou Louky Bersianik n’hésitent pas à faire l’accord au plus proche. »

Liens externes

• Ressource relative à la littérature : Académie française (lauréats)
• Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Biographie nationale de Belgique Den Store Danske Encyklopædi Dictionnaire des Wallons Universalis
Notices d'autorité : VIAF ISNI BnF (données) IdRef LCCN GND Pays-Bas Pologne Israël NUKAT Catalogne Vatican Norvège Tchéquie Portugal Lettonie Grèce
Bio-bibliographie illustrée de Maurice Grevisse
• Notice bibliographique sur le Bon Usage (14e édition)
• Cent Wallons du siècle
• Traitement de la variation diatopique chez trois grammairiens belges : des chroniques du père Deharveng (1922-1928) à celles de Grevisse (1955-1970) et de Goosse (1966-1990) [1]

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